15 septembre 2008

Tendance 2008 : Le credit crunch

creditcrunch

La crise financière qui a touché les Etats-Unis à l’été 2007 est en train de toucher de plein fouet les ménages anglais. En France, les marchés financiers et les banques sont touchés, certes, mais les finances des ménages restent relativement stables.

Tout le monde parle du credit crunch, tous les jours, à toutes les occasions, sur tous les sujets. Quand on ne sait pas de quoi discuter à la pause café, au lieu de discuter du temps, on parle du credit crunch.

Si vous tapez « credit crunch » sur Google.co.uk, vous obtenez un peu plus de 5,5 millions de pages.

Pas un journal télévisé qui n’aborde le credit crunch quelque soit le sujet. Les vacances, la rentrée des classes, le coût de l’essence, l’immobilier sont les sujets traditionnels qui amènent à parler du credit crunch. Vécu : un reportage sur la nage en rivière où un des membres de l'association a quand même réussi à parler du credit crunch sur un sujet de 2 minutes !

Même les magasines féminins les plus tendances telles que Glamour succombent au credit crunch.

En août 2008, le magasine féminin Elle UK a rajouté une rubrique à son numéro mensuel entièrement dédié à partager des astuces avec ses lectrices pour survivre à cette période.

Ceci s’explique en partie par le fait que les anglais ont une approche totalement différente vis-à-vis de l’argent.

Grosso modo, l’argent qu’ils gagnent est fait pour être dépensé. Mais pas seulement. L’argent qu’ils n’ont pas doit aussi être dépensé.

Les anglais sont les fiers propriétaires de nombreuses cartes de crédit. En effet, chaque magasin, supermarché, banque ou compagnie aérienne propose leur carte de crédit et les critères d’attribution de ces cartes de crédit restent relativement faciles à remplir.

Possédant moi-même une carte de crédit, la limite de cette carte est de 6000 livres sterling (environ 8000 euros). Je peux donc dépenser 6000 livres qui ne m’appartiennent pas. Bien sûr, le taux d’intérêt s’élèvent à environ 17% mais ça n’est qu’un détail pour la plupart des gens.

Ainsi, je reçois chaque mois mon relevé de carte de crédit sur lequel on m’indique combien il me reste à dépenser. Si j’ai dépensé 50 livres avec ma carte, mon relevé portera la mention « Reste à dépenser : 5950 livres » !
Surprenant quand on vient d’un pays où l’épargne commence dès la naissance.

Les banques, avant la crise financière que l’on connaît aujourd’hui, prêtaient jusqu'à 5 fois le salaire brut annuel. Avec des taux d’intérêts entre 6% et 7%, les remboursements mensuels peuvent représenter une grosse partie du budget mensuel d'un foyer.
Les taux étant fixes pour seulement 2 ou 3 ans, cela fait froid dans le dos.

Récemment, une copine, non anglaise, me racontait que son chef avait débarqué au travail complètement bouleversé. En rentrant du bureau la veille, il avait trouvé les serrures de sa maison changées par sa banque.

Il avoua qu’il n’avait pas rembourser son emprunt depuis 3 mois et qu’il avait reçu plusieurs lettres de relance de la banque, mais qu’il ne les avait pas ouvertes. Ma copine, consternée, lui demanda ce qu’il pensait qu’il allait arriver. Il répondit qu’il pensait que tout allait s’arranger. Comme par magie, sans doute.

Avec un salaire annuel brut de 20000 livres (environ 25000 euros), il possédait une maison, sortait tous les soirs, allait au restaurant régulièrement et dépensait dans les magasins sans compter. Et il pensait que tout allait s’arranger. « I thought it was going to be ok ».

Depuis, il n’a pas récupéré sa maison mais s’est acheté une voiture neuve.

Et le chef de mon amie n’est pas un cas unique : entre août 2007 et août 2008, 48% de foyers supplémentaires ont vu leur bien immobilier exproprié par les banques. De même, sur les foyers qui ont des dettes, hors emprunt immobilier, la dette moyenne par foyer est de 20 895 livres soit environ 26 000 euros.

Mais rendons à César ce qui est à César, du fait du prix des études universitaires et l’absence d’épargne de leurs parents, les jeunes débutent dans la vie avec un emprunt étudiant très important.

Pendant des années, l’économie anglaise n’était soutenue que par une consommation comme nulle part ailleurs en Europe.

Les expressions « Shop until you drop » ou « Retail Therapy » illustrent l’activité préférée des anglais pour leur week-end, juste après la sortie au pub.

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Le sincère choc du chef de mon amie montre l’attitude absolument irresponsable et enfantine des anglais vis-à-vis de leur argent.

Ils veulent tout, tout de suite, et dépense sans compter ou penser à l'avenir.




Ici, en Angleterre, cela s'appelle le Credit Crunch. Et tout le monde en parle.


Mais tout ceci s’explique surtout par la consommation à outrance qui sévit dans les High Streets anglaises.

Très rapidement, beaucoup d’anglais se retrouvent en situation de banqueroute personnelle.

Posté par bricolotte à 20:24 - Commentaires [1] - Permalien [#]


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